madamePee, madamePee

« J’ai dû aller à Hellfest et j’ai aimé ! »

Jeudi 20 juin, je sors de Paris direction Nantes pour me rendre à l’un des festivals de métal les plus célèbres au monde : Hellfest. Pourquoi ? Parce que madamePee y est ! Ce n’est pas notre premier grand festival, mais Hellfest, quand même, c’est mythique. Lorsque j’ai fondé madamePee à l’été 2017, je n’imaginais pas un décollage aussi rapide. Alors au volant de ma petite FIAT 500, j’ai le sourire. Mais j’ai juste une petite appréhension de me retrouver au milieu de fans de métal en furie. J’ai eu tort. Je vous raconte pourquoi.

Hellfest, c’est une immersion. Après quatre heures de route, j’arrive aux abords du site à  Clisson, en Loire-Atlantique, entre Nantes et la Roche-sur-Yon. Et là, je découvre un parc post apocalyptique avec murailles, châteaux, totems, crânes menaçants, écrans géants et scènes gigantesques. Hellfest, c’est d’abord un décor qui vous prend. Le village est encore vide, mais l’atmosphère est là. Et ce n’est rien encore. Le soir, ça crachera des flammes !

Il est 15h30, le festival ouvre dans 30 minutes. Je passe par l’entrée technique et me dirige vers les urinoires madamePee. Rien à signaler, sauf une cabine, livrée sans poubelle. J’ai le temps de commander la pièce manquante à l’usine, de saluer le staff de WC Loc, et de boire un peu d’eau. Il fait chaud, il fait beau. Ça va picoler. Donc, ça va faire pipi. Hellfest est le seul festival alimenté par des pipelines de bière. Ça promet des records.

Seconde étape de mon immersion : le public de Hellfest. Dès les premiers fans, je me sens exilée dans un pays aux habitants tatoués, cloutés, parés de bagues, et d’anneaux. Tous sont vêtus de noirs et portent des lunettes de soleil noires. Je ne n’ai pas pu résister à prendre une ou deux photos.


Les filles que je croise sont souvent en top cuir noir, short noir, doc martens noires, et bas résille noir, déchirés comme il faut. Avec mon t-shirt blanc madame Pee, je dénote. Mais au moins, on me remarquera. D’ailleurs, il commence à y avoir afflux. Ah oui je ne vous ai pas montré les cabines. Voici une photo de l’enceinte sanitaire pour les femmes. Les urinoires madame Pee sont à gauche derrière la jeune fille au short rose. Vous avez vu le toit qu’on a fait ? C’est nouveau. Ça protège de la pluie, mais aussi du soleil ! 

– Tu as pris des bouchons d’oreille ?

– Non, pourquoi ?

– Je pars t’en chercher.

Je comprends pourquoi au premier riff de guitare : WIIIIIIIIIIIINNNNGGG ! Je fais un bond d’un mètre ! La plus grosse claque sonore de ma vie ! En une seconde, j’ai compris pourquoi ce festival est catégorisé « musiques extrêmes ». Autant vous dire que j’ai passé le reste du festival oreilles protégées.

Cette émotion, c’est le plongeon. Après tout remonte, tout est bien. D’abord l’organisation. Le festival existe depuis plus de dix ans, il est rodé et ça se sent. Il se dégage de cette organisation une sérénité contagieuse. Tous les intervenants sont fidèles et partagent le même esprit : l’entraide. J’ai eu besoin d’un panneau pour indiquer qu’à gauche se situaient les urinoires dans l’enceinte car les femmes ne comprenaient pas forcément la différence entre les cabines classiques et nos cabines, conçues pour juste uriner. La page A3 m’a été imprimée, plastifiée et restituée en deux-deux avec le sourire. Plus tard dans la journée, j’ai discuté avec le garde à l’entrée technique, il me raconte qu’il est à ce poste depuis dix ans. Il n’a raté aucun Hellfest et n’en ratera pas.

Côté festivaliers, on sent aussi cette tranquillité. Les gens boivent, mais encaissent. Je n’ai vu (presque) personne ivre mort comme lors d’autres festivals. Au Hellfest, ça tient la route. Les gens sont suffisamment imbibés pour être joviaux et suffisamment costauds pour encaisser. Côté fille, j’ai été surprise, elles ont l’air de se sentir bien ici, même si elles sont clairement en minorité (25% des festivaliers pour une moyenne d’âge de 35 ans). Il y avait même un sentiment de « sororité » : une sorte de solidarité entre filles qui kiffent entre elles. Dans l’enceinte sanitaire qui leur est réservée, on a beaucoup échangé. Mais par signes ! Le bruit était bien trop fort. Elles ont toutes adoré madamePee. Elles me l’ont manifesté par des pouces levés, des clins d’œil appuyés, des mercis tête penchée ou de grands sourires. Ça fait plaisir. Aucun mec n’est venu perturber l’enceinte en voulant emprunter les urinoires madamePee. Bon esprit.

Ce n’est plus une surprise, mais j’en suis fière, on a diminué les files d’attente. Le temps de passage moyen dans nos urinoires a été de 45 secondes, soit trois fois moins que dans les autres cabines. C’est la performance habituelle de madamePee en festival. Le trafic a été estimé à 3 000 passages en quatre jours. Nous avons donc fait gagner 75 heures aux festivalières.

La vraie surprise est venue de la musique. Ce n’est toujours pas mon style musical (quoique…), mais j’ai été très impressionnée par le niveau. Les batteurs, les guitaristes et les bassistes que j’ai pu entendre sont impressionnants. Et pourtant, j’étais rentrée quand Kiss est passé. Peut-être les verrais-je l’année prochaine ? Eux ou d’autres parce que je souhaite y retourner avec des dizaines d’urinoires madamePee, pourquoi pas lookées HellFest ! C’est un des meilleurs festivals auquel j’ai participé et clairement le plus ébouriffant ! 

Et sinon le record a bien été battu, 440 000 litres de bière ont été bues !

Nathalie

PS : je vous ai mis cette photo prise de la grande roue à la fin, je la trouve juste impressionnante !



 

 

 

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