madamePee, madamePee

Comment Solidays réenchante le monde et madamePee nos utilisatrices

Ceux qui sont allés à cette 21e édition de Solidays ont pu assister à une première mondiale. Grâce à madamePee. Laquelle ? Laissez-moi arriver et je vous explique.


 

D’abord salut, moi c’est David. Je participe et coordonne la stratégie de la production des urinoires madamePee et ce vendredi 21 juin, je viens relayer les équipes sur place à l’hippodrome de Longchamps.

Qu’est-ce qu’on fait « sur place » ? On vient voir si tout se passe bien lors de l’installation des urinoires, on recueille l’avis des utilisatrices, on nettoie entre deux passages. On a déjà écumé pas mal de festivals, et ça roule, mais on envoie toujours de l’assistance. Nos urinoires évoluent en fonction de leur utilisation. Pour ça, il faut échanger sur le terrain avec les usagères. C’est ça, le vrai design. A mon humble avis. Mais que je partage, parfois.

 

Donc là, j’y suis, près de deux grandes scènes dans un espace urinoirs dans ce grand hippodrome. Alexandra m’attend à côté de nos cinq cabines. Petit topo. Elle me signale que plein de filles lui ont demandé du gel car dans les autres pôles toilettes, il y en a, et donc ça manque. Elle me dit que le rythme de passage est très bon, pour savoir si une cabine est occupée, certaines poussent les portes ou regardent par en dessous, et ça débite. Intéressant, elle me raconte aussi que des filles sont venues avec leur pisse-debout ; elles ne connaissaient pas encore le principe. Jusqu’à mon arrivée, Alexandra s’est occupée de tout, avec le relais de Mathilde un moment. Dès que j’arrive, ses copines sont ravies de pouvoir l’emmener casser la croute et écouter les concerts.


 

Pas grand ‘chose à faire à mon arrivée. Alexandra a assuré. Elle vient de passer un coup de pschitt à vinaigre dans toutes la cabines. Notre partenaire PSV est dans les parages aussi, toujours dispo comme il faut. « N’hésitez pas à nous contacter si besoin. » qu’ils nous ont dit. Ils nous ont même envoyé du monde depuis l’autre pole toilette, près de la grande scène.

Alexandre est là aussi et m’accompagne pendant deux heures (Il nous aide à la com’ de madame Pee). En voyant ma tête, il m’a proposé d’aller me chercher une bière. J’ai pas dit non. Il est 20 heures, mais il fait encore très chaud. Et je meurs de soif.

 

 

Mais revenons à cette fameuse première mondiale dont je voulais vous parler ! Solidays est le premier festival au monde doté d’une enceinte d’urinoirs pour les deux genres : pissotières pour les hommes à droite, urinoires pour les femmes à gauche. Vous voyez ce grand poteau avec une antenne avec un cube au bout dans la photo en-dessous ? C’est là.

 

 

Le spectacle auquel j’assiste est une première aussi : des filles s’entrainent à la position avant d’arriver, des couples qui se tiennent par la main avant d’aller de leur côté, des hommes et les femmes qui font la queue ensemble juste pour uriner. C’en est presque émouvant. « Solidays rapproche les gens ». C’est leur slogan. C’est vrai jusque dans les urinoires.

 

 

Des urinoirs pour filles et pour hommes, c’est aussi la clé pour que ça aille vite. Nathalie l’avait compris lors d’un match de foot où les hommes étaient bloqués comme les femmes aux toilettes à la mi-temps car leurs urinoirs étaient en panne. Ce problème est résolu ici, à Solidays, où certes il y a une file d’attente, mais dieu que c’est rapide ! Ce n’est pas moi qui le dis, c’est le chronomètre (45 secondes par passage en moyenne, soit 6 fois plus vite que les cabines classiques). J’ai même fait un pointage à moins de trente secondes.

Du coup, les usagères nous adorent. Pour la vitesse, pour la propreté, pour la planète… Je vous livre à la volée :

« Franchement, c’est une innovation de ouf’ car on vient de Solidays depuis des années et les toilettes c’est le bémol. »

« C’est génial c’est une révolution. »

Les plus authentiques sont les phrases entendues à la dérobée du genre :

« Viens ! ça évite la queue »

« C’est trop bien y a personne. »

 

Guillaume a regroupé tous nos témoignages dans cette jolie vidéo qui nous fait rougir de plaisir. (Eh oui, nous aussi on a nos fans)

 

 

Tout n’a pas été parfait. Des mecs ont pissé contre les barrières de bambous, alors qu’ils étaient à cinq mètres de leurs urinoirs. Souvent, on a dû faire la police, certains partaient à gauche chez les femmes au lieu d’aller à droite chez les hommes. Entre 4h et 5h du matin, alors qu’on était rentrés, tous les mecs sont allés dans nos urinoires faire leur bazar. En même temps… entre 4 h et 5h du mat, que voulez-vous attendre de mecs bourrés hein ? C’était prévu. Thomas de PSV, notre partenaire, nous avait demandé de ne pas fermer quand on partirait le soir. Et ils sont passés nettoyer toutes les heures donc tout s’est bien passé. Mais je n’aime pas l’attitude. Désolé, je vais être cru, mais un mec a chié dans une de nos urinoires. Comme à We Love Green ! OK l’alcool, mais ces urinoires suscitent des réactions machistes et des attitudes régressives décomplexées difficiles à comprendre.

 

C’est une minorité braillarde. La plupart des hommes qui se trompaient ont rebroussé chemin en s’excusant. Beaucoup ont trouvé que la présence de ces urinoires pour femmes était une très bonne nouvelle. « C’est cool, y a personne et en plus, il y a des toilettes pour les meufs. » a dit l’un. « Avant, elles venaient nous embêter avec leur pisse-debout. » a dit l’autre. Un mec est même venu demander une cup pour sa nana… Les mentalités évoluent. Un jeune homme, qui accompagnait sa copine, a voulu visiter. Nos urinoires, si évidentes à l’usage, restent une curiosité.

 

 

Pour terminer, j’ai envie de vous conter l’histoire de cette mère venue avec sa fille nous féliciter. Elle était si enthousiaste de madamePee qu’elle a envoyé devant moi un message au responsable du festival de Dijon pour qu’on soit là-bas. Peu après, sa fille, huit ans à peine, s’est approché de moi et m’a adressé un tout mignon : « Merci ! » Je suis papa et j’ai été touché. J’ai senti que cette petite s’était résignée, comme a dû le faire sa mère, à devoir se retenir. Comme si elle s’était conditionnée et venait de réaliser que cette condition n’était plus une fatalité.

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